Les Huiles Essentielles

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’Huile Essentielle (HE) est un extrait aromatique provenant d’un végétal dans son intégralité ou un ou plusieurs de ses organes : fleurs, feuilles, fruits, graines, racines, bois…

Grâce à la grande variété et à la richesse des plantes aromatiques, les actions huiles essentielles sont larges : antibactériennes, adoucissantes, calmantes, cicatrisantes, circulatoire, digestives, énergisantes, purifiante, revitalisante, tonique, ….

Son mode de culture influence beaucoup la qualité de l’HE. Les plantes sauvages ou la culture biologique est à préférer que ça soit pour un usage thérapeutique ou de cosmétique.

Comment est composée la cueillette ?

Il est important de comprendre que le biotype est un élément fondamental pour avoir une huile essentielle de qualité. Selon les conditions extérieures de la région où le végétal est cultivé, son climat, son sol, les molécules secrétées et donc le chémotype de la plante aromatique changent.

Il faut choisir d’une manière sélective les plantes les plus saines et mature pour la récolte afin d’assurer la moisson l’année suivante.

La cueillette à la main est à privilégier uniquement pour les plantes sauvages car elle a ses limites. La mécanisation de la récolte est suivie par un cahier des charges très stricte qui permet d’avoir une huile essentielle de qualité répondant aux normes environnementales. Elle doit se faire au stade végétatif de plante où elle est la plus riche en essence. C’est variable d’une espèce à l’autre.

La période de la journée pour la moisson est tout aussi importante pour la qualité d’une huile essentielle suivant la plante aromatique le maximum sera donné le matin très tôt ou en journée.

Les parties de la plante utilisée, appelées organe (bois, écorce, feuille, fleur, fruit, graine, racine, tige…) peuvent produire une essence différente.

Qu’est-ce que le chémotype ?

La connaissance du Chémotype est primordiale lorsque l’on se réfère aux huiles essentielles.

Les actifs aromatiques d’une plante ne sont pas immuables. Une même plante cultivée dans des régions géographiques différentes, peut sécréter des essences très différentes les unes des autres. Tout dépendra de son biotope.

L’aromathérapie est une science qui se repose sur des connaissances botaniques fondées. Les huiles essentielles doivent être sélectionnées sur des critères de qualité optimale dont la dénomination scientifique latine est le chémotype.

Une huile essentielle chémotypée ou chimiotypée (H.E.C.T.) est une huile essentielle qui possède une classification biochimique.

Les H.E.C.T. sont des extraits à très forte concentration. Elles n’ont pas les mêmes propriétés et doivent donc être utilisées avec une très grande précaution et surtout ne pas penser que plus il y en a mieux c’est.

En aromathérapie comme en cosmétique, les dosent doivent être respectées suivant la raison pour laquelle elles sont utilisées et suivant l’âge de la personne ainsi que ses antécédents médicaux.

Sa classification chimique, biologique et botanique se fera en fonction de sa structure moléculaire qui est complexe et qui dépend des propriétés thérapeutiques qui sont différentes les unes des autres.

Nous revenons encore à son environnement (région, climat, sol, …) qui influence sa composition

Exemple de classification pour le thym :

Nom latin : Thymus vulgaris

Plusieurs chémotypes possibles

  • le linalol,
  • le thymol,
  • etc.

Le thym récolté ne provient pas du même sol, du même climat, des mêmes conditions.

Le thym avec un chémotype linalol n’aura pas les mêmes effets thérapeutiques que le thym chémotypé thymol.

  • Thymus vulgaris CT linalol a des propriétés antibactériennes, antifongiques, virucides et antiparasitaires intestinaux ;
  • Thymus vulgaris CT thymol a des propriétés anti-infectieuses majeures.

Lors du choix de l’huile essentielle, il devra être impérativement indiqué les éléments suivants

Le nom en français de l’huile ex. : Thym vulgaire à linalol suivi par son nom en latin Thymus vulgaris CT linalol. La partie distillée de la plante et sa composition biochimique.

https://www.aroma-zone.com/info/fiche-technique/huile-essentielle-bio-thym-linalol-aroma-zone

Si ce n’est pas le cas je vous déconseille de ne pas la prendre car elle n’aura pas été contrôlée en laboratoire et vous n’aurez pas accès à sa fiche d’analyse.

Quelles sont les méthodes d’extraction des huiles essentielles ?

Il y a 2 méthodes d’extraction d’huiles essentielles :

Par distillation par entrainement à la vapeur d’eau

La distillation à la vapeur d’eau, connue depuis l’Antiquité, transmise par les Arabes et perfectionnée par les Grassois, est un procédé utilisant l’entrainement des substances aromatiques grâce à la vapeur d’eau.

La méthode consiste à placer la plante aromatique dans une cuve avec de l’eau qui sera chauffée. La vapeur d’eau va extraire les molécules aromatiques de la plante en les faisant traverser dans un tuyau à serpentins. La vapeur en refroidissant va redonner de l’eau qui sera chargée en huile essentielle. A la sortie, l’essencier après décantation recueille deux liquides : un liquide « aqueux » qu’est l’hydrolat ou eau florale et un liquide « huileux » non gras qu’est l’huile essentielle. La densité de chaque liquide permet une séparation aisée.

Il n’y a que les végétaux à molécules aromatiques qui peuvent donner une huile essentielle.

En moyenne, on considère qu’une plante sur mille est aromatique et donc exploitable en huile essentielle.

Par expression mécanique à froid des écorces d’agrumes

C’est le procédé le plus simple et le plus limité, en effet il concerne que les agrumes. Il consiste à presser à froid les écorces où sont contenues les molécules aromatiques pour recueillir l’essence d’agrume et non de l’huile essentielle car aucune modification chimique dû à la vapeur n’a eu lieu.

J’attire votre attention en ce qui concerne les essences d’agrumes fruits ou appelé plus fréquemment « les huiles essentielles d’agrumes zest ». Elles sont photosensibilisantes au soleil ou UV après une application cutanée. Il faudra attendre 6 à 12H avant exposition.

Quels sont les autres modes d’extraction ?

Extraction par Enfleurage

Elle s’utilise pour les fleurs dont l’essence est en très faible quantité. Elle s’appuie sur le pouvoir d’absorption des corps gras utilisés par affinité avec l’huile essentielle

L’enfleurage permet d’extraire l’huile essentielle de végétaux dont les arômes sont trop fragiles pour endurer la chaleur d’une distillation. Cela détruirait les fleurs avant qu’elles puissent dégager leur huile essentielle.

Cette méthode permet d’obtenir des concrètes de parfum ainsi que des absolues et des huiles essentielles de très haute qualité olfactive utilisés en parfumerie et cosmétologie.

Cette pratique a quasiment disparu car très onéreuse pour peu de rendement.

Extraction au CO2 supercritique

Ici aussi l’extraction est très coûteuse pour quelques plantes aromatiques

L’extraction au CO2 supercritique est une technique utilisant le dioxyde de carbone à l’état supercritique comme « solvant ».

La matière végétale en règle générale les fleurs est préalablement broyée puis placée dans des « paniers ». Ils sont ensuite installés dans l’extracteur où va circuler CO2 à l’état supercritique.  L’huile essentielle est alors délayée dans le CO2 qui permettra la rupture des structures glandulaires contenant l’essence.

Elle sera récupérée sous forme de solide à l’odeur très proche de l’odeur naturelle de la fleur après avoir rendu à l’état gazeux le CO2

Cette technique est éprouvée depuis près de 3 décennies. Elle est fréquemment utilisée dans les milieux de l’agro-alimentaire, de la pharmacie, de la chimie et de la biochimie.

Elle commence à se développer dans le milieu de la parfumerie, car elle présente de nombreux avantages malgré son coût.

L’hydrodiffusion

La méthode est une forme de distillation à la vapeur. La différence tient à la façon dont la vapeur entre dans l’alambic. Pour l’hydrodiffusion extrait l’essence du végétal en faisant passer la vapeur par le haut vers le bas contrairement aux systèmes de distillation habituels.

Les avantages de cette méthode sont moins de vapeur, un temps de traitement plus court et un meilleur rendement en huile. L’inconvénient est cependant d’entrainer des substances non volatiles et non aromatiques par le simple fait de la gravité.

Comment reconnaître une huile essentielle de qualité ?

Pour comprendre la raison pour laquelle les produits de certains commerces n’ont pas la même qualité, il faut comprendre la distillation des huiles essentielles.

La distillation est un procédé délicat où il faut de la pratique et une vigilance assidue.

Pour obtenir une HE de 1ère qualité il faut respecter les éléments suivants :

  • Un alambic en acier inoxydable ;
  • La distillation doit se faire à basse pression (0.05 et 0.10 bars). Au-dessus, il y a un risque de suroxydation ;
  • La durée de la distillation doit être prolongée pour permettre de récolter le « totum » des molécules aromatiques. Le totum est l’ensemble des principes actifs de la plante aromatique c’est-à-dire toutes les substances naturelles contenues dans celle-ci. Il peut renfermer plusieurs centaines de principes actifs différents. Il faut du temps mais beaucoup des opérateurs d’huile essentielle distillent à haute pression et ne vont pas au-delà de 30 mn, ça correspond au taux de rentabilité. Cette méthode rend l’huile essentielle moins odorante, la couleur dénaturée et les propriétés thérapeutiques moins efficaces avec un risque d’allergie plus grande ;
  • L’eau utilisée doit être de source ou avec un taux de calcaire minimal pour éviter de se servir d’un produit détartrant ;
  • Après sa distillation, elle doit être filtrée, stockée dans des cuves hermétiques et après faire une mise en flacon opaque pour mettre les HE à l’abri de la lumière et de l’oxygène.

Si vous voyez la notion d’extraction avec solvant surtout ne l’utilisez pas. Le but c’est d’utiliser des produits naturels, bio et de qualité. Donc à bannir !

Quel est le rendement des plantes aromatiques en en huile essentielle ?

Chaque plante a son rendement d’huile essentielle.

Par exemple pour 100 kg de plantes fraiches nous avons pour :

  • Camomille romaine- Chamaemelum nobile : 400 à 1 000 grammes
  • Carotte- Daucus carota : 200 à 300 grammes
  • Lavande officinale – Lavandula angustifolia : 500 à 850 grammes

La productivité varie d’une année à l’autre comme un bon vin.

Elle dépend de la saison de la cueillette qui ne favorise pas les mêmes molécules. L’heure à laquelle elle est effectuée. Certaines plantes sont du matin et d’autres de fin de journée.

Et le biotope, est là aussi extrêmement important. La région géographique, la nature du sol, de l’altitude, des conditions météorologiques même la symbiose avec les autres plantes intervient sur les molécules du végétal distillé et lui donne sa richesse en essences.

Quelles sont les familles biochimiques ?

Les molécules de toutes les H.E.C.T sont connues et biochimiquement répertoriées. Se sont-elles qui leur confèrent leurs nombreuses propriétés en aromathérapie.

Réf. Aromathérapie – auteur Dominique Baudoux – éd. DUNOD, 2017

Quels sont les voies et supports d’application ?

Elles peuvent être utilisées de différentes façons soit en usage interne, soit par des applications :

  • La voie cutanée.
  • La voie orale.
  • La voie olfactive (inhalation).
  • La voie rectale.
  • La voie vaginale

Pour que leurs actions soient efficaces en aromathérapie comme en cosmétique, il faut prendre les bons supports d’utilisation.

Une huile essentielle est un actif concentré et elle doit très souvent être diluer avant utilisation.

Elle est lipophile et hydrophobe, c’est-à-dire qu’elle se dilue dans un corps gras mais pas dans l’eau. Il lui faut comme base d’utilisation une huile végétale ou un beurre (karité, cacao, …).

Une huile essentielle ne se délaye pas sur un sucre, ni dans une cuillère à café de miel, et encore moins dans de l’Aloé Vera.

Quel est la proportion d’Huile essentielle selon le produit cosmétique ?

1ml = 1g environ = 30 gouttes environ soit environ 0,033g la goutte

  • Huile de massage : 5%
  • Produit pour le visage : entre 0,5 et 1%
  • Soin du corps entre 1 et 5%
  • produit parfumant : entre 0,3 et 0,5%
  • Savons saponifiés à froid : 4% maximum

Au-delà de 10%, il s’agit d’aromathérapie : Il faut l’avis d’un médecin aromathérapeute. Lui seul est apte à donner un traitement ou des soins à base d’huile essentielle.

Quels est la population à risque ?

  • Les bébés de moins de 3 mois
  • Les enfants de moins de 3 ans
  • Les enfants de moins de 6 ans
  • Les femmes enceintes
  • Les femmes allaitantes
  • Les patients ayant des pathologies nerveuses : Alzheimer, convulsion, épilepsie, …

Je constituerai un référentiel d’huiles essentielles qui sont utilisées pour la cosmétique, le bien-être et les soins du quotidien.

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